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Titre :
Les Masques De Venise Type : reportage Continent : Europe Pays : Italie Date : 31/05/2004 Photos : 15 Vidéos : 0 |
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Jai lu avec attention le récit des impressions intitulé : Se perdre à Venise. Visiblement lauteur a été enchanté. Tout ce quil dit est vrai mais, en ce qui concerne mon voyage, il y a un bémol. Jai eu la bonne idée de visiter Venise pendant le carnaval. A priori...une bonne idée. Non ? Et bien, je nai pas été le seul. Cest simple, je nai jamais vu une telle concentration de gens au mètre carré. En deux jours, jai du voir des centaines de milliers de personnes. Parole de marseillais ! De véritables torrents humains ininterrompus se déversaient dun site à lautre. Cétait comme de véritables autoroutes humaines à deux sens quadrillant la vieille ville. Préférant le calme, nous avons choisi de prendre les chemins de traverses pour nous déplacer et éviter les axes principaux reliant la place St Marc, la campo San Rocco, le palais des doges et le pont du Rialto. En dehors de ces chemins, les ruelles avaient, peu ou prou, le calme décrit par notre ami et les déambulations pouvaient être contemplatives et nonchalantes. Cependant, emprunter les voies secondaires est bien entendu synonyme de surprises et débouche sur de nombreuses impasses. Mais, profiter du charme de la ville est à ce prix. Parfois couper le flot était nécessaire. Alors, nous devions faire de réels efforts afin que la famille au complet parvienne ensemble de lautre coté. Autre sujet dinconfort : la température. Le carnaval est en février et février cest en hiver. Lhiver, cest froid. Mais lhiver à Venise cest très froid. Venant de Marseille, nous nétions pas préparés pour affronter le froid glacial de Venise. Nous avons souffert dun froid humide et térébrant renforcé par la présence du mistral local. Malgré tout, cest avec joie que, le matin, nous bravions fraîcheur et foule pour débusquer le plus beau masque, le roi du carnaval. Toute la famille était motivée par ce jeu de piste en plein air, à léchelle dune ville. La tâche savérait assez ardue mais fut finalement assez facile. La clé de la réussite fut rapidement trouvée. Tous les personnages déguisés, convergeaient vers les places ; en particulier la place St Marc, la Piazzetta et le front de lagune devant le pont des soupirs. Nous navions, malheureusement, pas dautres choix que le constant bain de foule. On oublie bien vite ce désagrément devant tant de raffinement. Que ses déguisements sont beaux ! Ces splendides costumes, préparés toute lannée dans le plus grand secret, sont somptueusement décorés. Ils rivalisent de beauté et doriginalité sur des thèmes élémentaires ou imaginaires, jalousement gardés jusquaux festivités. Réalisés avec soin et virtuosité, le point dorgue de cette symphonie de couleur et de poésie reste toujours le masque. Parfois des yeux sont visibles. Parfois ils sont voilés renforçant limpression irréelle de lensemble. Il personnifie, à lui seul, le thème. Qui se cache derrière ces masques ? Des amoureux du jeu et du déguisement ou des personnes recherchant lintérêt et ladmiration de tous ? Un peu des deux, sans doute. En tout cas, quels que soient les gens qui décident de se déguiser, les effets sont toujours identiques. Les personnes sont transformées comme par enchantement. Leur déplacement devient aérien, les attitudes gracieuses, vaporeuses et légèrement dédaigneuses. Comme si en devenant des anachronismes vivants, les gens plongeaient vers le XVème siècle et retrouvaient larrogance de lapogée de la république. Elles regorgent soudainement de présence, de majesté et de charisme. Ainsi transformées, ces silhouettes silencieuses errent comme des souvenirs, sarrêtant tantôt sur les sollicitations pressantes des badauds, tantôt par envie de se figer devant le décor de leur choix. Parfois la demande nest pas exaucée et le fantôme continue son chemin vers ailleurs. Ils déambulent dans les rues tels des créatures surnaturelles écartant la foule des hommes. Pour le touriste moyen, le tour de force est de prendre ses photos sans avoir un autre appareil photo dans son champ. Le seul moyen est de pratiquer la contre-plongée et soumettre son dos à rudes épreuves. Après ces efforts, le meilleur réconfort reste le pique-nique sur les pontons menant au grand canal pour profiter du beau soleil de ladriatique. Un délice pour réchauffer ses os et reposer son dos. Le canal évoque forcement les gondoles. Et bien, nous avons renoncé à la fameuse ballade. En cette période, les tarifs sont si incroyablement élevés que la promenade devient simplement du racket ! Pas de doutes ! Venise est bien en Italie ! Alors, je me suis dis quil y avait suffisamment de pigeons sur la place St Marc et je me suis contenté de photos. Au diable, les clichés romantiques ! Il ne faut rien exagérer ! Veronique Ridao |