![]() |
Titre :
Marseille Vieux-port 2/3 Type : reportage Continent : Europe Pays : France Date : 07/02/2005 Photos : 23 Vidéos : 3 |
![]() photos et reportages ! |
|
Pendant la période de lindépendance provençale, le riche négociant Jacques Coeur, promu grand argentier du roi Charles VII, transféra ces affaires de Montpellier à Marseille. Il contribua à lexpansion économique de la ville par lintermédiaire de ces échanges commerciaux avec les pays du levant. La ville de Marseille lui doit beaucoup de son renom et de son rayonnement. Le port accueillait en permanence quatre de ces navires de commerce. Son pouvoir et son influence grandissante au sein de la cour ajouté à des finances royales, désormais assainies, Jacques Coeur tomba, injustement, en disgrâce. Après de sombres maoeuvres politiques et juridiques, il fut incarcéré. Après son évasion des geôles royales, Marseille le recueillit et le protégea de la vindicte du pouvoir royal. Lamour de la justice et de la dissidence ont de très vieilles racines. Par la suite, grâce à des jeux dhéritages subtils, le comté de Provence fut rattaché à la couronne de France en 1481. Le XVème siècle voyait Marseille comme une ville forteresse imprenable peuplée dhabitants intrépides, indépendants et belliqueux. Ce nest pas Charles de Bourbon qui le contredira. Marseille résista, en 1524, pendant quarante jours à son siège. Le bastion fut défendu grâce à lhéroïsme des marseillaises qui prirent part aux combats. De cette épopée restera lhommage de Marseille au travers du nom de la rue le " boulevard des Dames ". Le XVIème siècle fut lâge dor de lindépendance de la ville. Marseille arma une flotte guerrière et devint plus ou moins une ville pirate autoproclamée pour le compte de François 1er qui confirma par la suite ce statut particulier. Il alla jusquà accorder à Marseille le statut de ville franche. Ainsi, Marseille préleva, pour son propre compte, taxes et impôts sur les navires transitant par le port. Le roi commença les premiers travaux de fortifications de la rade. François 1er fit construire la tour du Fanal et la forteresse Saint-Jean. Désormais, deux tours verrait entrer et sortir tous les navires du port. En 1594, sous la dictature de Casaulx, lhôpital municipal : Lhôtel Dieu fut construit sur la butte des Carmes. La naissance du XVIIème siècle efface les tensions passées entre Henri IV et Marseille. Le souverain confirme le statut autonome de la ville, le statut de ville franche et labolition des taxes de létat. En 1600, la ville accueille en grande pompe Marie de Médicis, future épouse du souverain. Pour loccasion un pont fut construit reliant directement lancien Hôtel de ville et le navire de la future reine. Durant le XVIIème siècle, lexpansion de la ville pris fin avec la terrible peste de 1630. La ville fut une nouvelle fois décimée. Sa population fut réduite à moins de quinze mille habitants. Marseille se redressa une nouvelle fois et retrouva prospérité en moins de trente ans. Bien quelle soit sous tutelle française, Marseille affichait une arrogance envers la couronne du roi Soleil et une indifférence à ses rappels à lordre. Léloignement de Versailles, une longue histoire indépendante et son statut autonome encourageaient Marseille à défier le pouvoir central. Las des frasques marseillaises et de la défiance ouverte de la ville, le grand roi Louis XIV pris Marseille par la force en 1660. Il sinstalla, brièvement mais personnellement, sur les hauteurs de la rive sud du port, sur la place de Lenche, afin de rétablir lordre dans la ville. Il fut à lorigine des plus grands changements du port depuis son creusement par les grecs. Le port fut remodelé en profondeur et le roi lui donna quasiment son visage actuel. Le Roi Soleil, se méfiait de la population de Marseille, triviale, turbulente et rétive à la politique ou à toutes formes dautorité. Les deux forts furent édifiés autant pour protéger la ville que pour protéger son propre pouvoir et servir de symboles de son autorité auprès de cette population indisciplinée et volontiers belliqueuse. Louis XIV donna la direction des opérations au chevalier de Clerville. A cette époque fut construit le Fort Saint Nicolas sur la rive sud du port. Ce fort est une ingénieuse construction en étoile qui sadapte au relief tourmenté de cette partie du port. Sur la rive sud, le chevalier architecte édifia le Fort Saint-Jean en sappuyant sur la tour du Roi René et la tour du Fanal déjà existante. A lexception de lHôtel de ville qui fut édifié en 1653, sur les plans de Pierre Puget, la totalité des bâtiments furent élevés entre 1660 et 1680. Louis XIV était parfaitement conscient du potentiel stratégique de Marseille. Sur la rive sud, et sur une superficie de neuf hectares, il fit construire le grand Arsenal des Galères afin de produire une flotte guerrière qui lui donna la suprématie sur la mer Méditerranée. Durant trente ans de travaux, Louis XIV modifia la ville en profondeur. Il fit abattre les fortifications qui enclavaient la vieille ville, alors concentrée sur la rive nord du port. La ville sagrandit prodigieusement en suivant le tour du port. Dabord vers lest puis vers le sud. Il fallut donc attendre 1687 et le percement du grand cours de Marseille, devenu le cours Pierre Puget, pour que la rive sud du port soit enfin habitée. Lentement, Marseille rentrait dans le rang. Cest à cette époque que les marseillais, refusant de parler le français, pourtant langue officielle du pays depuis le XVIème siècle, mélangèrent le patois provençal et le français pour inventer le parler marseillais. Le XVIIème siècle fut le siècle de toutes les transformations mais le XVIIIème siècle ne fut pas en reste. La Canebière, artère mineure jusqualors, fut prolongée jusque sur les rives du port, à lendroit actuel du quai des Belges. Elle devint ainsi une ouverture supplémentaire sur la mer. Lautre événement majeur qui allait contribuer à lexpansion de la ville fut la destruction de larsenal des galères en 1781. Neuf hectares donnant sur le vieux-port se retrouvèrent libre. De quoi donner le vertige à nimporte quel promoteur immobilier actuel ! Le XVIIIème siècle fut le siècle de lexpansion économique internationale de Marseille. Les techniques navales évoluant, des navires aux tonnages de plus en plus importants sillonnaient les mers du globe. Lun dentre eux, le Grand Saint-Antoine, apporta la dernière grande peste quest connue la ville en 1720. La maladie, fut honteusement cachée afin de permettre le déchargement de la cargaison de riches soieries estimée à cent mille écus. Le profit dune poignée de grands négociants causa la mort de plus de trente cinq mille personnes entre le tiers et la moitié de la ville. Ce drame est donc survenu à cause de la cupidité de quelque uns. Cent soixante dix ans plus tard, lhistoire se répétera au niveau national avec la maladie de la vache folle. Décidément, quand on ne soucie pas du futur, le passé ne sert pas de leçon au présent. La fin de ce fléau est dû uniquement au courage des bagnards de la ville conduits par le Chevalier Roze. Ensembles, ils enlevèrent les milliers de corps pourrissant dans les rues pour les jeter à la fosse. Ils moururent jusquaux derniers à lexception du chevalier. De cet épisode, les marseillais ont peut être garder un respect et une tendresse particulière pour les repris de justice ? Marseille se releva, une fois de plus. Les échanges commerciaux sétendirent jusquaux côtes péruviennes et dans locéan Indien. Marseille acquit un statut de port international. Les marseillais furent les premiers européens à goûter le café et autres denrées exotiques venues des pays lointains. Cet essor économique provoqua une nouvelle expansion démographique. La ville devint la troisième de France par son nombre dhabitants. A la toute fin du siècle en 1794, le " Marseillois " partit du port de Marseille pour participer à la guerre dindépendance américaine. Il fut coulé au terme dun héroïque combat au coté des nouveaux Américains. Une réplique, abritant un restaurant, est à flot sur le quai dhonneur de la Mairie. Les épopées napoléoniennes laissèrent Marseille de marbre. Ses guerres successives et les blocus maritimes ennemies furent un frein considérable pour le commerce international. Marseille détestait Napoléon 1er autant quelle aima Napoléon III. La ville fit cadeau au souverain le splendide palais du Pharo qui surplombe la sortie du chenal du port. Au XIXème siècle, la renommée internationale du port de Marseille se confirma. Vers le milieu du siècle, le port sagrandit vers le nord pour créer le port autonome et marchand de Marseille. Lancien port devint le Vieux-port. En 1864, Napoléon III fit aussi percer la rue Impériale afin quelle débouche sur le port. Cette nouvelle artère reliait ainsi le vieux port et le nouveau port commercial de la Joliette. Clin doeil de lhistoire, cette rue deviendra par la suite la rue de la République. Devenu trop petit pour les grands navires de commerces intercontinentaux à vapeur, le Vieux-port conserva néanmoins les activités de pêche et de tourismes. Le XIXème siècle fut le siècle des innovations techniques avec la création du service de navette, bien connu des marseillais, appelé le " Ferry-boat ". Créé en 1890, il assure la traversée du port dune rive à lautre. Il fut comme une bénédiction. Il faut savoir que pour les marseillais, passer dune rive à lautre signifie contourner le port. Ce qui représente une marche de près de deux kilomètres. Alors quà vol de mouette, il ny a que trois cents mètres. En 1893, pour remplir les mêmes fonctions, fut construit le très célèbre " pont transbordeur ". Lédifice métallique culminait à 80 mètres. A lextrémité du port, près du chenal, il assurait le transfert de passager dans une nacelle au ras de leau, dun fort à lautre. Il resta en service durant la première moitié du XXème siècle. Loccupation allemande vit la disparition de cet ouvrage, en 1943. Ce pont était très populaire dans le cœur des marseillais. Le contraste entre le modernisme de la construction et les forts de Louis XIV sans doute. A moins que ce ne soit la fierté du surnom de lépoque : " la porte de France " dû à larchitecture si particulière du pont. Le Vieux-port était depuis des siècles le lieu de rencontre des marins du monde entier. Les commerçants vivant près du port étaient cosmopolites. Tous les habitants des quartiers bordant la rive nord du port vivaient laborieusement, du commerce ou de la vie difficile des travaux maritimes. De toutes origines et de revenus modestes, ces gens vivaient dans les plus vieux quartiers de la ville, un labyrinthe de rues insalubres. Mêlant les peuples, le ton du quartier était devenu unique. A cette époque le reste de la France voyait Marseille comme " la Chicago européenne ". La réputation dindiscipline, exacerbée par la propagande de la presse parisienne de lépoque, se transforma en mauvaise réputation. Suite et fin dans la partie 3/3. . . GIMENEZ ALAIN |