Vendredi 16/04/04. 
Après 1H45 de voiture (traversée de Marseille), nous arrivons enfin à l’aéroport. (Il faut dire que nous étions un soir de vacances de Pâques). Philippe a la tête explosée. Il prend un  » Dafalgan « .
A l’enregistrement panne d’électricité.
Nous attendons sagement d’embarquer. Je lis  » Cosmo « et Philippe lit  » Cosme  » supplément homme. 52 pages pour mieux les aimer. D’un coup il me dit :  » Je m’inquiète. Il est 8H10 et on n’a pas encore embarqué alors que l’on part à 8H50 « . Tout cela de sa voix angoissée. Je ne comprends pas de suite et lui dis que nous avons le temps et que nous sommes en face de la porte d’embarquement et qu’il n’y a personne… Il faut dire qu’il est très, très ….Très fatigué.

Samedi 17/04/04. 
Nous sommes arrivés à 00h00 à l’aéroport. Nous avons vu Jacques Villeret dans l’avion (Il est monté à Casablanca) qui prenait un air absent pour qu’on le laisse tranquille. Naturellement, à la douane, il est passé comme une lettre à la poste pendant que nous avons fait la queue…
Pour prendre un taxi, comptez environ 60 Dirhams le jour et 100 Dirham la nuit. Nous les voyons venir de loin car ils nous alpaguent. Bienvenue au Maroc. Arrivé à Marrakech près de la place Djena el Fna, on cherche l’hôtel. Je ne me sens pas rassurée. Nous sommes dérangés toutes les 30 secondes. Nous avons trouvé notre hôtel. Une partie de carte fort bruyante s’est terminée très tard dans la soirée.
Nous avons été réveillés à l’aube par le chant du coq (l’appel du Muezzin), ensuite le chant des oiseaux puis le chant de  » l’homo touristicus  » dès 8 h.
J’ai voulu prendre ma douche. Pas d’eau chaude. Le chauffe-eau est cassé.
Description de la douche : située à 30 cm du WC. Siphon d’évacuation bouché. Philippe a trouvé une blatte dans le lavabo le matin. Elle s’amusait à remonter le long du conduit du lavabo. Philippe a quand même pris sa douche froide. Quant à moi plus maligne, j’ai pris la douche collective chaude.
Nous suggérons de prévoir : serviettes et tongs pour s’assurer d’un minimum d’hygiène.
Le patio est agrémenté de 4 orangers au centre, de 2 paliers donnant sur la cour centrale distribuant les chambres, et d’une succession de terrasses en partie haute ou nous avons pris le petit déjeuner et loué notre voiture (une magnifique Fiat Uno en kilométrage illimité pour 3200 Dirham pour 10 jours). La vue panoramique sur la mythique place Djena el Fna est un peu tiré par les cheveux car nous avons principalement vu sur les toits ornementés d’antennes et au loin un vague morceau de la place.
La décoration de la chambre est ainsi : carrelage « marocain  » sur 2/3 du mur, arabesque de stuc sur le 1/3 restant. Ce décors compense le manque d’hygiène, le service de chambre ne devant passer qu’au départ des clients.

Direction le souk.
Les Marocains sont les rois pour nous inciter à rentrer dans leurs magasins avec des phrases toutes faites telles que :
– ça porte bonheur,
– tu es mon ami,
– je te fais un prix,
– tu es le premier client de la journée et ça porte bonheur,
– le plaisir de regarder,
– le plaisir des yeux….
La palme revenant à :  » Je te propose le crédit berbère : tu payes la première traite maintenant, le reste tout de suite « . C’est un ensemble de marchands aux techniques de ventes agressives. Les prix variants du simple au triple pour les mêmes produits. On nous a gentiment conduits aux tanneries. Le gardien a pris le relais de la visite et avait déjà préparé nos deux branches de menthe pour les odeurs. Fiente de pigeons, chaux, son de blé en putréfaction, peaux tannées, graisses répandues à même le sol…A la sortie on nous a conduits automatiquement à la boutique. Nous avons trouvé une combine pour ne rien acheter consistant à préciser que nous allons partir randonnée dans le Haut Atlas. Ce qui nous empêche de charrier leur matériel. Cela les stoppe net. (Cela les stoppe net).
Une fois sortis, le guide nous attendait et réclamait 150 D. nous lui en avons donné 50. Et encore c’est beaucoup. (Le Lonely Planet conseille environ 25 ou 30 D). Le guide aimable qui nous a conduit (ou plutôt fait tourner en rond dans le souk) soi-disant gratuitement, nous a suggérés de donner une pièce à ses enfants qui nous avaient guidés (perdus). Ensuite errance et perdition dans les souks.
Nous avons vu le souk des poules et des oeufs. Une véritable hallucination. Le marchand au milieu de sa boutique transformée en une véritable cage à poule avec un comptoir.
Les marchands de fruits ont un seul accès pour rentrer dans l’échoppe : une trappe sur le côté droit.
Enfin sortis, nous sommes allés prendre un thé à la menthe sur une terrasse avec vue panoramique.
15H45 : nous sommes sur la terrasse du restaurant panoramique (exclusivement peuplé de touristes). Une vision de la place ; attroupement autour des charmeurs de serpents (cobra), au son de la trompette et du djumbé. Les charmeurs énervent les serpents en leur tapant dessus avec leurs casquettes. La danse du serpent est stimulée par un cercle de peau de chèvre tendre que le charmeur oscille. Cet objet leur sert également de bouclier et leur permet en cas de danger de recouvrir le serpent. La djellaba complète ce dispositif. Ample, elle stoppe les tentatives de piqûre. Le charmeur saisit le serpent par la queue. Ce dernier tournoie et tente de piquer l’individu. Ce qui s’est produit par trois fois au cours de nos observations. Une fois le spectacle terminé, les serpents sont rangés dans leur boîte (une pour chaque espèce). Les serpents sont régulièrement humidifiés lorsqu’ils sont pris. Nous ne savons pas pourquoi.
Nous voyons aussi des tatoueurs au henné ; vendeurs d’eau en costume traditionnel vendant aujourd’hui leur image ; diseurs de bonnes aventures ; pêche au  » Fanta  » et  » Coca Cola « ; dresseurs de singes…

16H :  » Allah Akbar… « . Tout s’arrête, musique etc…16H05 tout reprend.

Tout se monnaye : prix de la photo, du spectacle, etc…
Et le spectacle continue. Preneur (comme à Marseille) de photographies polaroïd ; vendeurs de musique et de jus d’orange : du matin jusqu’au soir. Chevaux et ânes faméliques tirent respectivement des calèches ou des charrettes.
16H20 : Arrivée des restaurants ambulants se positionnant sur leurs emplacements. Le montage des restaurants ambulants est achevé en moins d’une heure. Spectacle ahurissant. Naturellement nous n’avions plus de pellicules photos pour éterniser ce moment. Spectacle de danse. Un danseur en position de  » pompe « est frappé avec une ceinture sur les fesses par le chef de ballet. Le spectacle est sans fin.
Le soir, dîner sur la place Djena El Fna.
Parfum de grillade, parfois de groupe électrogène. Il convient de choisir son restaurant en fonction du vent. Les Marocains ont une préférence pour les têtes de mouton. Il faut essayer d’éviter les restaurants peuplés de seuls touristes recommandés par le  » guide du routard « . Le menu classique c’est-à-dire couscous est à 25 D, le tajine à 20 D, les brochettes à 25 D. Tout cela sans boisson, sans pain et sans pourboire de service Attention au moment de l’addition, les serveurs ne se souviennent plus de votre commande et en rajoutent. Nous avons rencontré un journaliste  » de la jeune Afrique  » présent à Casablanca et Marrakech pour suivre une conférence sur le rôle des sociétés de capital et risque dans le développement économique africain.
De retour à la chambre, notre chauffe eau fonctionne mais le PQ n’est pas compris dans les prestations.  » Tu sors à gauche et tu achètes tout ce que tu as besoin « . A bon entendeur salut. Philippe en a profité pour demander au responsable de l’hôtel une raclette entourée d’un torchon pour nettoyer notre chambre.

Dimanche 18/04/04. 
Aujourd’hui Philippe est de mauvaise humeur. C’est le contre coup de la fatigue accumulée.
Nous avons erré dans Marrakech à chercher le palais Bahi. Nous sommes passés par le Grand palais puis le palais royal, les rues du souk…pour nous rendre compte que nous étions la veille à l’endroit voulu et qu’il suffisait de marcher cinq minutes au lieu d’une heure. Pour aller au musée, c’était pareil. On a galéré.
Visite du musée de Marrakech. Idéal pour glander. Canapés, fauteuils, musique, bruissement de l’eau…quelques objets, petite expo : une contemporaine et une traditionnelle.

Voici les notes prises pour la fabrication de l’émaillage.
L’artisan saisit chaque carreau de terre cuite par la grande base et trempe la surface de la petite base dans le liquide. Le retire aussitôt et le dépose.
La deuxième cuisson : le remplissage du four mélange carreaux en première cuisson et en deuxième cuisson.
Le découpage : traçage sur la face vernie. Découpage du carreau à l’aide d’une hachette double et d’une pièce de grès pour l’aiguiser.
L’assemblage : disposition pour vernir. Retourner sur une grille de lignes marquées au crayon. Elles sont fixées avec un mélange de chaux et de ciment.

.Voici les notes prises pour la fabrication de la céramique.
– émail stannifère + étain ce qui donne un blanc brillant.
– le dessin est tracé au brun (oxyde de fer)
– jaune obtenu avec la limonite
– vert obtenu avec l’oxyde de cuivre

Les toilettes dans le musée, c’est le grand luxe sauf que la porte ne se ferme pas.

A suivre…

Philippe et Sandra