En Grèce : Le tour du Péloponnèse. 1/3. 1ère partie. 
Destinations : Athènes, Météores, Delphes, Mycènes, Nauplie, Olympia, Mistra, Kalamata, Idra.

08/04/2005 : départ de Nice à 19h20 direction la Athènes via rome. L’avion est à l’heure. Ouf. Nous avons craint des retards vu qu’aujourd’hui est un jour spécial. Le pape Jean-Paul II se fait inhumer dans la crypte de st pierre. Le temps d’ailleurs aujourd’hui s’y prête ( il pleut).
C’est à Rome qu’il y a un problème. Arrivés à 20h40, l’aéroport est bondé. Notre avion est retardé de 30 minutes. L’aéroport est plein de polonais et ils ont naturellement acheté une photo du Pape. Vanne de Philippe : « ceux qui puent ont du faire la queue pour voir le pape ». Nous arrivons à Athènes à 01h de là. Nous prenons le bus. Le X 95. Il est très rapide. Celui-ci nous dépose à Athènes au niveau de la place Smirnaha. De là, nous décidons de rejoindre notre hôtel à pied. Il se nomme l’hôtel Apia. Nous nous couchons mort de fatigue vers 2h30. Malheureusement la nuit fut courte. Nous donnons sur la rue principale et il n’y a pas de double vitrage. Nous avons donc peu et mal dormis vu le bruit des voitures. De plus on a eu froid.

09/04/2005 : nous nous réveillons à 9h fatigués. Nous prenons notre douche mais froide. Nous sortons pour louer une voiture afin d’aller aux météores. Nous nous rendons compte que nous avons oublié notre planning. Tant pis. Alain et véronique l’emmèneront certainement avec eux et nous en aurons donc un lundi soir.
La rue a proximité de l’hôtel s’est métamorphosée entre la nuit et le jour. Epiceries, drogueries arabes côtoient magasins cossus de mobilier design et « import » ou encore de café. Il est étrange en traversant le centre ville et ayant vue sur l’acropole de trouver de nombreux magasins d’outillage et de bricolage ou encore une halle à viandes et à poissons. Nous remontons la rue piétonne « E » victime de la mondialisation et de la mode. A un croisement une petite église byzantine est encastrée entre les immeubles contemporains. Il faut dire qu’Athènes a été atteinte de plein fouet par l’architecture bétonnée des années 1960.
Nous parcourons la rue « S » pour comparer les prix de location de voitures. Les grandes compagnies (avis, ada, etc…) n’ont pas des tarifs très attractifs. Nous décidons de la louer auprès de « capital rent car ». Nous embarquons dans la voiture direction les météores. La traversée d’Athènes est relativement longue.
Sur l’autoroute, la vitesse est limitée à 120 Km et les péages sont par section kilométrique (cependant moins coûteux qu’en France, notamment les alpes maritimes). Le grecque a tendance a confondre bande d’arrêt d’urgence et voie lente. Cette première fait office de voie lente pour que l’on puisse se doubler lorsqu’il n’y a plus qu’une seule voie. On s’y habitue très vite. La route nous parait longue pour gagner les météores (5 heures) avec un arrêt pour manger. Nous avons acheté au supermarché des salades d’aubergine à la crème. Nous les conseillons aux amateurs de vinaigre.
Nous avons traversé les bourgs agricoles de la grande plaine de Théssalonique, paradis des tracteurs, des pick-up vétustes et de la voiture de police garée sur le bord de route espérant un incident qui vraisemblablement n’arrivera jamais. Un petit goût de « shérif fais-moi peur ». Toutefois si la qualité de l’environnement semble peu soucier les grecques qui jalonnent leurs routes d’ordures, certaines maisons du dernier « patelin » sont équipées d’un chauffe-eau solaire et dans les météores, nombreuses sont celles qui se chauffent au bois.
Arrivés à Kastraki, nous avons trouvé une tranquille chambre d’hôte non loin de l’église. Toutes sont non loin de l’église d’ailleurs. Le village mène une vie paisible. La saison touristique ne semble pas pour lui encore commencée. La chambre rez-de-chaussée donne vue sur un rocher des météores avec devant un vieux poteaux électrique garni de nombreux câbles et porcelaine et petit lampadaire. Puis, derrière le café du village avec auvent, pergola, néon orange la nuit et des drapeaux multiples défraîchis. Ca me rappelle vaguement pour ceux qui connaissent la pizzeria de Callelongue avant son embourgeoisement. Le soir même, nous poursuivons à pied la route qui se transforme en chemin de terre et nous montons par un chemin muletier au monastère de Varlaam. Le long du chemin des platanes millénaires que n’aurait pas renié « Peter Jackson » (dixit Sandra) car ces platanes font penser aux arbres que l’on peut imaginer ou voir dans les films de contes de fées. Ils sont effrayants avec leurs branches qui donnent l’impression d’être ces bras qui vont vous prendre. Mais en même temps, il se dégage une beauté.

10/04/2005 : ce matin, ce n’est pas le bruit des voitures qui nous a réveillés mais le chant des cloches. A 8h30 pour la messe de 9 h. A 11 h, nous commençons l’ascension vers les monastères. Nous avons décidés de les faire à pied.
Le premier est le « grand météore ». Le bruit de voies des touristes nous a averti de notre arrivée au sommet. Nous grimpons les escaliers. C’est impressionnant le nombre de gens qui sont essoufflés pour quelques marches grimpées. Il y en a même un qui essoufflé, s’est arrêté et a demandé à sa femme une cigarette. Il faut le faire…
Le monastère est grand. Bien plus grand qu’on ne peut se l’imaginer vu de l’extérieur. Il y a un beau musée (dixit Philippe)
Le cellier rappel la primauté du vin, la culture du mais, une terre rude ne permettant l’emploi que de l’arrère et ce depuis l’antiquité. Comme en témoigne une fresque du 14ème S où figure un tribulum.
Dans la chapelle nous regardons les peintures. L’iconographie est horrible. Des personnes se font décapiter ; d’autres sont pendues têtes en bas ; des damnés déchirés ou accrochés à une roue qui tourne et au sol des lances qui lui lacèrent le dos ; d’autres mis sous presse et en même temps, on lui coule du plomb dans la bouche ou encore certains découpés en morceaux, sciés au cou par une scie…. Bref, l’apologie du martyr.
Dans le musée des croix sculptées dans du bois aux motifs impressionnants de détails pour leur petitesse ; une collection de costumes militaires et féminins ; une table consacrée aux croix et manuscrits ; un sellier est reconstitué ; une cuisine est restée telle quelle. La voûte oblongue est percée pour laisser passer la fumée.
Pause à midi sur un rocher des météores ou Philippe a vu sa pomme dévalée sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit. Fort heureusement, une branche lui a permis de ne pas finir au fond du précipice mais au fond de son estomac.
Visite du monastère de Varlam. Celui-ci est moins joli. Plus petit. L’église est belle, avec des peintures au plafond. Il y a un fut énorme. Un petit musée. Le musée du trésor. En regardant dans le vide, il ne faut pas avoir le vertige.
Toujours à pied, nous allons au dessus du 3ème monastère pour la vue d’ensemble. Le coin calme et paisible ne l’a plus été pendant un certain temps car un car rempli d’américains s’est arrêté pour leur permettre de prendre la photo. En tout et pour tout, 5 minutes d’arrêt. Pour notre part, nous sommes partis un peu plus tard et avons coupé à travers bois pour redescendre. Nous avons ensuite pris un chemin pour voir les anciens abris de moines situés dans la roche et en hauteur. Durant ce petit détour, nous entendons soudain un bruit de feuilles. Mince, un chien errant, le guide en fait allusion. Nous continuons à petits pas et entendons toujours le bruit. Soudain nous voyons une tortue qui marche dans les feuilles mortes. Les grecques doivent confondre chien errant et tortue. Car dans un petit périmètre, nous en avons vu 3.
Nous arrivons aux anciens abris de moines qui servaient pour répudier ceux qui avaient commis une faute. C’est impressionnant, comment ont-ils fait pour vivre là ? Dans le froid, éloignés de tout et de tous ? Je ne sais si j’aurai pu tenir et surtout survivre.

11/04/2005 : les cloches ont tintinnabulées à 7h30 pour sonner 8 coups une demie – heure plus tard. Finalement les habitants de Tsariski ont droit aux cloches tous les jours de la semaine.
Après avoir payé la chambre en espèces car la mère ne savait pas utiliser l’appareil à cartes (50 € pour deux jours), nous prenons la route direction Metsovo histoire de voir autre chose et de rentabiliser la location de la voiture. Le mec de l’hôtel nous dit que c’est joli.
La route est belle. On voit la vie agricole. Pleins de bidonvilles au milieu de nulle part. Il commence à faire froid. A force de monter, nous sommes sur la réserve. Arrivés à Metsovo, nous cherchons une station essence. Il n’y en a pas. Aie. On fait le tour du village. Nous sommes déçus. Avoir fait 60 Km pour voir ça !!! Le détour n’en valait pas la peine. C’est touristique à mort. Sur la place du village, il y a plusieurs cars, des boutiques à souvenirs…
Nous demandons notre chemin pour l’essence et le musée. Ils sont proche l’un de l’autre. Le musée n’est pas indiqué. De plus, il est écrit en grecque… nous trouvons la station essence. Normal que nous ne l’ayons pas vue. Elle est coincée entre deux maisons et est aussi longue qu’une voiture. Heureusement que l’on nous a dit qu’elle était sur la rue principale. Je suis soulagée de l’avoir vue. Nous garons donc notre voiture.
Nous arrivons devant le musée. Fermé. Nous utilisons le heurtoir pour nous annoncer. Un jeune homme nous ouvre. Nous payons 3 € et il nous fait la visite guidée. Il baragouine en anglais. La maison est sur 3 étages. Il y a de beaux meubles, de belles pièces. Heureusement que ce musée était présent…
Nous reprenons la voiture, lui donnons à boire pour 10 €. La pompiste n’est pas très contente mais tant pis.
Retour à athènes.
Alain et véronique sont arrivés à peu près en même temps que nous. Nous décidons de partir manger chez l’indien du coin. L’atmosphère est un peu étrange mais nous sommes bien reçus. Nous avons droit à la nappe en papier, à la bougie…nos plats sont très bons.

12/04/2005 : Acropole nous voilà.
Nous prenons le chemin pour y aller. Les rues sont désertes. Il n’y a pas âme qui vive. Juste 4 touristes qui gravissent la montée à pied pour partir à la conquête de l’acropole.
Il est 8h30 et nous sommes les premiers. On nous invite à retirer nos sacs pour les mettre à la consigne « le cloak room ». Philippe et Alain ont tous les deux un sac en plastique contenant une bouteille d’eau. Le chemin est tracé et nous le suivons.
1er théâtre : grâce au guide Gallimard je fais la lecture du théâtre de Dyonisos. Nous continuons notre route et oh surprise, le théâtre de Dyonisos est fléché plus bas. Nous nous rendons compte que le premier théâtre est l’odéon d’Hérode Atticus. Donc ne vous trompez pas.
2ème théâtre : qui est bel et bien celui de Dyonisos. Des fouilles se font. Un tailleur de pierre travaille. Nous restons un moment à l’admirer. En ce qui concerne le théâtre, dommage que nous ne puissions pas aller au centre de la scène. Nous remontons pour voir le Panthéon. Tout à l’heure nous étions seuls mais maintenant, il y a foule. Les cars sont arrivés entre temps.
Le temple d’Athéna est en réparation- reconstruction. Difficile de faire des photos des propylées. La raison ? La foule, les travaux… Nous le traversons et voyons enfin le Parthénon. Nous l’admirons. Plus tard nous ferons de même avec le portique des caryatides. Du belvédère, le panthéon donne toute sa magie. C’est la meilleure vue. On s’assoie et on le regarde sans s’en lasser ; finalement le mois d’avril est la bonne période pour visiter la grèce. Il ne fait pas trop chaud et le ciel est bleu. L’été, cela doit être intenable vu qu’il n’y a pas un coin d’ombre. Au loin, on essaie de voir la mer. En fait, nous l’imaginons tant le Néphos est important.
Dans le musée nous admirons les frontons des sculptures. A la sortie nous nous rendons compte que les caryatides que nous admirions étaient des repros et que les vraies sont tranquillement installées au musée.
A 12 h nous sortons de l’acropole, mangeons un bout et allons voir l’agora. La stoa d’attale a été reconstruite. Malheureusement Héphaïstéon est en piteux état. Les frontons sont illisibles. Grâce au guide on sait ce qui est représenté. A quand une restauration ? Pourquoi tout est donné à l’acropole et non pas également à l’agora ? Ce site est beau, calme.
Nous décidons d’aller voir le cimetière des mosaïques. Malheureusement celui-ci ferme à 15h et il est 16h. Nous nous dirigeons donc vers le quartier de Plakas. Nous passons une rue ou les boutiques à touristes sont nombreuses et ou le monde est présent. Ce sont les rues calmes de ce matin qui en quelques heures ont changées d’allure. D’inanimée, elle est devenue animée et de calme n’en parlons pas, il s’est également enfui.
Nous visitons la tour des vents. C’est compris dans le billet.
Le quartier de plaqua est en fait très touristique et n’a plus l’allure d’un quartier grecque. Dommage. Il y a des restaurants, des boutiques. Par contre, ce quartier est huppé au vu des voitures.
Nous retournons à l’hôtel. Pause, douche, resto. Idem que celui d’hier sauf que la cuisine est moins bonne. Ce devait être un autre cuisinier vu qu’il y avait également un autre serveur.

13/04/2005 : il est indéniable. Avec les boules quies on dort mieux. Comme chaque matins nous achetons nos fruits au marché. La visite d’aujourd’hui est pour le musée national. A 9h nous y sommes. Il y a peu de monde. Le fait de se lever tôt nous permet d’apprécier certains endroits sans être au milieu de la foule et donc d’être bousculés. Nous commençons par le centre du musée et donc par le masque d’Aguamemnon.
Finalement le calme était de courte durée. Il y a beaucoup de scolaires donc du bruit et on entend sans cesse « don’t touch » avec un accent grecque exécrable. Ce sont les gardiens qui le disent à chaque fois que l’on s’approche de trop près des vitrines pour mieux admirer les objets. Nous admirons les kouros de Poséidon… toutes ces statues sont magnifiques mais le problème c’est qu’il y en a un peu trop et que sorties de leurs contextes elles sont moins imposantes. Une fois les statues faites, nous voulons voir les céramiques. Mauvaise nouvelle : cet étage est fermé et apparemment pour longtemps.
Par obligation nous sortons nous réchauffer car il fait froid dans ce musée. Nous trouvons un banc au soleil. Une femme grecque nous apostrophe. Elle a l’habitude de s’asseoir sur ce banc loin des courants d’air. Elle s’assoie donc avec nous. Véronique et Alain sont en face car la moitié du banc est au soleil. Cette femme grecque parle très bien le français et nous entamons la conversation. Elle vient de Lesbos, a été élevée par les soeurs françaises. Nous dit que les grecques sont arriérés, que l’euro à augmenté les prix et que la vie est difficile, qu’il n’y a aucun turc à Athènes, qu’il y a beaucoup d’étrangers qui viennent et volent les athéniens et ce depuis 5 ans. Elle n’a plus de sac à main. Les étrangers mendient au restaurant en faisant de la musique ou en vendant des roses. (nous en avons eu un exemple hier en prenant un café sur une terrasse donnant vues sur l’acropole. Une jeune de 8 ans jouait faux un air de musique et tour le monde lui donnait une pièce pour qu’il aille jouer ailleurs).
Cette femme était très sympathique. Les soeurs lui ont appris : tu as 2 patries, la tienne et la France. Et elle aime beaucoup la France. Elle est allée à Paris 7 fois et regarde tous les jours le temps qu’il y fait.
Nous la quittons pour aller au cimetière des céramiques. Il nous reste 40 minutes de visite lorsque nous y entrons. Nous visitons l’extérieur. Il nous reste 5 minutes pour visiter l’intérieur. Les filles l’ont fait très vite (5 minutes). Et pour cause, la gardienne était derrière nous pour nous presser à sortir. Ici 15h c’est 15 heures et pas une minute de plus.
Nous prenons le métro pour aller au pirée. Déception. Nous trouvons tant bien que mal le vieux port. Car les grecques ne sont pas du tout aimables. Lorsqu’on leur demande notre route, ils nous disent qu’ils ne sont pas d’ici ou alors nous ignorent carrément. Le port n’a rien d’exceptionnel. Philippe et moi en faisons le tour. C’est un mélange de cimetière de bateaux. Nous voyons les plages au loin.
Nous rejoignons Alain et Véronique au café. Prenons le métro, retournons à l’hôtel, mangeons et dormons.

Suite dans « En Grèce : Le tour du Péloponnèse. 2/3. 2ème partie.

Philippe et Sandra